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05/03/2013

Une saison à Long Island

Voici mon avis sur le deuxième volet des aventures de nos 20's girls! Comme de coutume lorsqu'il s'agit d'un second tome, difficile de ne pas évoquer le premier, donc ceux qui souhaitent éviter tout spoiler sur le premier tome, je vous suggère de vous arrêter ici. Pour ceux qui ont lu le premier, je ne vais rien vous révéler de l'intrigue, donc vous êtes safe!

anna godbersen,une saison à long island,bright young things,beautiful days,albin michel wizUne saison à Long Island reprend un peu plus loin de là où Tout ce qui brille s'était arrêté. Cordélia et Charlie font face à leur deuil, Astrid se prépare à la nouvelle vie qui l'attend, et Letty profite d'avoir retrouvé sa meilleure amie en rêvant d'une carrière à Broadway sans bien savoir par où commencer. 

Une saison à Long Island fait honneur à son prédécesseur. Il y a cette même ambiance, cette effervescence autour de la vie de nos héroïnes qui nous fait lire le roman d'un bout à l'autre sans nous ennuyer un instant. Je trouve toujours que les filles manquent un peu de consistance et que parfois l'auteur les fait agir de façon un peu bizarre mais rien au point de gâcher son plaisir de lecture. Ce que j'apprécie vraiment dans cette série jusqu'ici, c'est le ton léger que parvient à garder l'auteur, tout en abordant des situations pas forcément légères, et en alternant de façon assez brillante plusieurs aspects de la vie des filles: leur amitié, leurs amours, leur vie en tant que femmes souhaitant se faire leurs places. Elles existent par et pour elles-mêmes et ces destins, mêlés à une époque où il est particulièrement agréable de se balader (NY 1929 pour rappel), font selon moi la force de la série. Je pense qu'Astrid est le personnage que je préfère; le fait que ce soit celle avec qui on partage le plus de pensées ne doit pas y être étranger. J'aime aussi Cordélia, même si c'est un personnage qui est difficile à saisir et parfois crispant. Letty est trop effacée, naïve, et molle aussi. J'ai souvent eu du mal à croire à son histoire, mais peut-être sortira-t-elle de sa chrysalide dans le tome suivant? 

Par ailleurs, nous apprenons à connaître un peu mieux les personnages masculins dans ce tome-ci: Charlie (qu'on ne voit finalement pas tant que ça, mais qui m'attendrit toujours malgré ses (gros) défauts), Grady (je n'ai pas trop aimé la situation finale sur laquelle nous laisse l'auteur, ça a un côté trop artificiel, "prévu" pour une suite dans le tome prochain), et puis nous faisons la connaissance de l'inimitable Max Darby! Ahh comme je l'ai aimé celui-ci! J'ai hâte de lire le tome suivant (d'ailleurs si quelqu'un a des infos concernant la publication française, je suis preneuse, car je sais que le tome 3 est sorti en anglais) rien que pour passer un peu plus de temps en sa compagnie. Le dernier instant où on le croise est par-fait ;-) !

Pour résumer, une agréable lecture, tout comme le premier tome. Une série sympathiquement divertissante dont on aurait tort de se priver.

Anna Godbersen, Une saison à Long Island, Albin Michel Wiz, 2012, 345 pages

10/02/2013

The Grimm legacy

Si vous aimez la magie, les contes et les mystères, ce livre risque de vous plaire! Ce qui m'a d'abord attirée dans ce roman, c'est sa couverture, je la trouve particulièrement réussie. Qu'en pensez-vous? Le titre lui aussi était intrigant et puis lorsque j'ai lu le résumé... j'étais conquise!

shulman_uk_med.jpegNotre héroïne se prénomme Elizabeth. Et lorsque nous la rencontrons, un de ses professeurs vient de lui décrocher un travail dans une bibliothèque. Et une bibliothèque assez particulière: il ne s'agit pas d'un endroit où l'on emprunte des livres, mais des objets. Dans une pièce secrète se trouve la Grimm collection où reposent des objets magiques et puissants, directement issus des contes des frères Grimm! Mais certains objets commencent à disparaître ou sont remplacés par des faux... Elizabeth et ses nouveaux collègues partent à la recherche du voleur, en ne sachant pas le danger qui les guette.

J'ai aimé énormément de choses dans ce roman qui recèle de bonnes idées. L'héroïne est assez attachante, tout comme le sont les personnages secondaires. On prend un plaisir incroyable à se promener dans les couloirs de cet endroit des plus particuliers, ainsi qu'à rencontrer certains des usagers quelque peu loufoques, mais dans un tel endroit, comment ne pas l'être? J'ai aussi adoré la façon dont se déroulent les emprunts des objets de la Grimm Collection. Point d'argent à laisser ou d'objets précieux, non, il faut y laisser un de ses "talents" ou "habilités". Ainsi, lorsque Elizabeth décide d'y laisser son sens de l'orientation, nous avons droit à quelques situations incongrues. Sans parler des pouvoirs assez intimidants de certains objets! 

Bref, des personnages agréables, une bonne histoire, des idées originales relativement bien exploitées. De quoi passer un très bon moment.

Une suite est prévue, The wells bequest, pour l'été prochain. Je ne manquerai pas le rendez-vous. Tentés?

Polly Shulman, The Grimm legacy, Oxford University press, 2010 (2012 pour cette édition), 325 pages.

07/02/2013

Victoria Rêve

product_9782070649860_244x0.jpgJe vous retrouve aujoud'hui pour un court billet sur un petit ouvrage jeunesse que j'ai lu fin 2012 et qui m'avait beaucoup plu. Je n'avais encore rien lu de Timothée de Fombelle jusqu'ici, et je dois avouer que sa plume fut une bonne surprise. 

Victoria voulait une vie d'aventures, une vie folle, une vie plus grande qu'elle.

Timothée de Fombelle nous fait rencontrer Victoria, une enfant qui vit dans ses livres, adorant faire fonctionner son imagination et partir à la conquête de terres lointaines et inconnues grâce à ses livres qu'elle chérit tant. Mais un jour, Victoria remarque que certains de ses précieux livres ont disparu de ses étagères. Et en même temps, elle décèle chez son père un comportement étrange, que se passe-t-il? Notre héroïne va donc enquêter afin de résoudre ces incongruités, et croyez-moi, l'imagination débordante y a bien sa place! Victoria Rêve est un joli récit où nous faisons la connaissance d'une petite fille ma foi fort intéressante et attachante. J'ai trouvé l'histoire particulièrement dans l'air du temps, touchante et attendrissante. A conseiller, pour petits et grands enfants.

Un extrait que j'ai aimé:

Victoria, au fond de la salle, écoutait tout ce petit monde s'échanger des gaufres à gorge déployée. Elle se demandait pourquoi, en cours d'anglais, on ne lisait pas plutôt des histoires de détectives fouillant des hangars à la recherche d'un tueur fou, ou les passions d'une veuve de vingt ans au bord de la mer, des histoires d'orphelins, de rois, de chiens jouant du piano dans les bars, de pilotes de guerre pendant le bombardement de Londres. Peu importait. Mais tout, oui, TOUT sauf l'amour éperdu de Charlotte pour une gaufre, ou celui de cet imbécile de Bill pour une fille qui ne le méritait pas (pp. 38-39).

Le livre est quant à lui un bel objet et la couverture est des plus réussies. Le dos ainsi que les "couvertures intérieures" sont parfaites, parsemées d'illustrations de couvertures de livres. Chaque début de chapitre est joliment décoré. Le tout par François Place.

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"Le nouveau roman de Timothée de Fombelle dit la force de la lecture et de l'imaginaire aujourd'hui, envers et contre tout. C'est un petit livre sur les grands livres qui nous habitent." 

Bonne fin d'après-midi!

Timothée de Fombelle, Victoria rêve, Gallimard Jeunesse, 2012, 112 pages.

02/02/2013

Tout ce qui brille

Que diriez-vous, en ce début de weekend, de partir à la conquête de New-York... au cours de l'année 1929? Ne me dites rien, je sais que vous êtes tentés!

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En avril dernier, Albin Michel Wiz sortait le premier tome de la nouvelle série d'Anna Godbersen, auteure de la série The Luxe dont j'avais beaucoup aimé les deux premiers volets (il faut que je m'y remette). Tout ce qui brille (Bright young things dans sa version originale) a pour objet les aventures de trois héroïnes, jeunes et belles, et décidées à mettre New-York à leurs pieds.

L'histoire commence dans l'Ohio, où nous faisons la connaissance de Cordélia et de Letty, deux jeunes filles aux grands yeux remplis de rêves d'ailleurs. Elles ne se sentent pas à leur place dans leur petite campagne étouffante, et qui n'a rien de bien folichon à leur offrir. Un évènement dans la vie de Cordélia va déclencher la fuite que les deux jeunes femmes préparent depuis un bon moment. Elles embarquent dans un train pour New-York, fébriles, confiantes et sans regrets. A New-York, il y a Astrid, jeune femme suivant les pérégrinations maritales de sa croqueuse de diamants de mère. Contrairement à Letty et Cordélia, a ce qu'on pourrait appeler une vie confortable, elle évolue dans l'insouciance des soirées des années folles comme un poisson dans l'eau, même si sa relation avec le fils du trafiquant d'alcool du coin (figures respectées à l'époque) lui cause quelques tourments.

La lecture de ce roman m'a fait redécouvrir avec plaisir la plume très vivante d'Anna Godbersen. Elle a vraisemblablement une prédisposition pour les personnages féminins relativement forts, même si je dois avouer que j'ai eu un peu de mal à m'y attacher. J'ai suivi sans déplaisir leur nouveau quotidien, mais il est parfois difficile de capter la logique des décisions de certains personnages. Cependant, on sent très bien que ce premier tome est une installation de ce qui va arriver ensuite. Nos héroïnes sont sans cesse confrontées à une nouvelle donne, et j'avoue avoir très envie de savoir quelles cartes sortiront lors du prochain tome. Par ailleurs, j'ai trouvé les personnages masculins assez intéressants, en particulier Charlie dont j'attends l'évolution avec impatience.

J'ai bien aimé me promener à New-York en cette année 1929, même si la ville reste en arrière-plan, contrairement à ce que l'on pourrait penser. Mais l'auteure nous donne une approche relativement bonne de l'ambiance de l'époque, sans trop en faire et écraser ses personnages: les fêtes, les bars clandestins (speakeasies), les situations qui évoluent très rapidement, dans le bon comme dans le mauvais sens. A. Godbersen manie très bien cet art de faire monter l'adrénaline pour mieux la faire chuter ensuite, et nos héroïnes avec. Des moments de gloire qui sont autant d'éclats éphémères qu'un rayon de soleil flirtant avec les paillettes d'une robe. En bref, une bonne lecture, et je poursuivrai la série avec grand plaisir.

Anna Godbersen, Tout ce qui brille, Albin Michel Wiz,  372 pages,  2010 (2012 pour la traduction)

27/09/2012

The perks of being a wallflower

J'ai terminé la semaine dernière ce roman magnifique que je vous recommande chaudement. The perks of being a wallflower a connu un succès considérable depuis sa sortie en 1999 et est devenu un must-read de la littérature adolescente américaine. Dernièrement, il a retrouvé les devants de la scène en raison d'une adaptation cinématographique qui sera bientôt sur nos écrans (avec Emma Watson, Logan Lerman, Ezra Miller, Kate Walsh, Paul Rudd...). Avec cette couverture particulièrement réussie, il n'est pas passé inaperçu lors de mes dernières pérégrinations livresques à Londres...!

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The perks of being a wallflower est un roman épistolaire. Il est composé de lettres écrites par notre héros, Charlie, et envoyées à un correspondant anonyme que Charlie lui-même ne connait pas personnellement. Dans ses lettres, plus ou moins longues, Charlie raconte sa vie d'adolescent, et plus précisément sa vie de nouveau lycéen ou 'freshman'. Il parle aussi beaucoup de sa famille, de ses relations avec ses parents, son frère, sa soeur et sa défunte tante. 

Nous assistons à la naissance de son amitié avec Patrick et Sam, deux lycéens en terminale. Avec eux, Charlie va s'épanouir, et vivre sa vie d'adolescent, 'participer'. Notre héros ne figure pas parmi les adolescents populaires mais ce n'est pas le genre de choses dont il se soucie. Il est plutôt du genre à penser qu'à agir, le nez perdu dans les livres que lui confie avec attention son professeur de littérature. Il s'agit d'un roman d'initiation touchant où nous faisons la connaissance d'un très beau personnage auquel il est bien difficile de ne pas s'attacher. 

Le livre est truffé de réflexions sur la vie, le quotidien, les relations humaines,... Il y a également des tas de références littéraires, musicales ou encore cinématographiques. Un vrai régal.

Je sais qu'il est comparé à L'attrape-coeurs de Salinger mais ne l'ayant pas lu, je ne pourrais vous confirmer cette similitude. Je vous laisse avec quelques extraits qui m'ont particulièrement plu, mais je ne saurais que vous encourager à le découvrir par vous-même.

'It's like he would take a photograph of Sam, and the photograph would be beautiful. And he would think that the reason the photograph was beautiful was because of how he took it. If I took it, I would know that the only reason it's beautiful is because of Sam'. 

'As I was walking up the stairs to my dad's old room, and I was looking at the old photographs, I started thinking that there was a time when these weren't memories. That someone actually took that photograph, and the people in the photograph had just eaten lunch or something'.

'I feel great! I really mean it. I have to remember this for the next time I'm having a terrible week. Have you ever done that? You feel really bad, and then it goes away, and you don't know why'.

'This one time when it's peaceful outside, and you're seeing things move, and you don't want to, and everyone is asleep. And all the books you've read have been read by other people. And all the songs you've loved have been heard by other people. And that girl that's pretty to you is pretty to other people. And you know that if you looked at these facts when you were happy, you would feel great because you are describing "unity".

The perks of being a wallflower, Stephen Chbosky, Pocket Books, 1999, 231 pages.