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12/01/2013

The cookie club

the-christmas-cookie-club.jpgVoici le premier livre de l'année, et 2013 commence plutôt bien car j'ai passé un bon moment avec les héroïnes de "The cookie club". Pour info, ce roman d'Ann Pearlman existe également sous un autre titre "The Christmas cookie club", et c'est précisément pour cette particularité que je l'ai commencé juste avant la nouvelle année, décidant qu'il serait ma dernière lecture de Noël. 

J'ai été agréablement surprise par ce roman, pourtant ce n'était pas forcément gagné car au début, je ne savais pas s'il allait me plaire ou si au contraire, le ton de la narratrice m'insupportait. Finalement c'est la première option qui a prévalu, et je me suis bien plu dans ce petit club gourmand.

Comme le titre du livre l'indique, l'histoire est celle d'un club de biscuits réunissant, le premier lundi de décembre, 12 femmes de tous âges et situations confondus. Chacune d'elle doit amener 13 douzaines de biscuits de son choix, cuisinés maison (bien sûr), et emballés dans un emballage original, sinon attrayant. Le principe est de donner une douzaine de ses biscuits à chacun des membres du club et de laisser le dernier paquet pour une maison de retraite (si je me souviens bien - en tout cas, pour une oeuvre de bienfaisance). Le club existe depuis 16 ans déjà, et est très prisé au sein de cette petite ville américaine (seules 12 personnes sont autorisées à y participer - l'une entre lorsqu'un des membres décide de se retirer ou est exclu pour ne pas avoir respecté les règles). Le choix de l'accès est essentiellement réservé à Marnie, l'instigatrice du club et à son cercle élargi de connaissances. Tous les membres sont soumis à un certain nombre de "règles" afin de s'assurer de la bonne organisation de cette soirée de décembre et de la pérennité du club. Quelques exemples: pas de biscuits aux pépites de chocolat (car une année 5 personnes en avaient faits), interdiction de passer son tour une année, obligation de ramener les recettes afin de les partager,...

Ce que j'ai bien aimé dans ce livre, c'est la façon dont il était divisé: 12 chapitres, chacun consacré à un des membres. C'est certes assez conventionnel, mais ce qui m'a plu, c'était que la voix narrative reste la même, celle de Marnie. A travers ses yeux, nous découvrons ses amies, certaines plus proches que d'autres, certaines de son âge (la cinquantaine bien trempée, si je ne me trompe pas), d'autres plus jeunes, etc. L'auteur n'a pas choisi de s'intéresser à la création du club, mais plutôt à la façon dont celui-ci s'est implanté dans les vies de ces femmes, et ce que cette réunion annuelle leur apporte. Cette année-là, sans doute car elles sont toutes sont à un tournant de leurs vies: en amour, amitié, professionnellement ou simplement au niveau familial. Il y a énormément d'histoires tristes ou en tout cas avec une touche dramatique, peut-être même un peu trop présente. Mais on ressent aisément le besoin et l'effet quelque peu cathartique de cette réunion, comme une mise à plat, une façon de dire les choses et de prendre un nouveau départ, de faire le bilan sous les yeux bienveillants de ses amies. Les personnalités et les vies de chacunes sont agréables à découvrir, on se prend d'amitié pour chacun des personnages, même s'il n'est pas facile de se souvenir immédiatement du nom qui correspond à l'histoire qu'on a lue, ou pas encore.

Avec ce roman, Ann Pearlman dresse des portraits de femmes fortes, se serrant les coudes à travers plusieurs générations. Elles apportent toutes une part d'elles-mêmes; leurs problèmes ne sont pas habillés d'un voile rosé, et c'est assez rare pour être relevé dans ce genre de littérature. Pour autant, on a parfois l'impression que l'auteur a dressé une petite liste de "situations" précises permettant de donner une sorte de parfaite hétéroclicité au groupe (adoption, problème de conception, deuil, confiance, amitié, problèmes d'argent, adultère...). Ce qui m'a un peu dérangée, et je le disais plus haut, c'est le regard que porte Marnie, la narratrice, sur toutes ces situations et la façon dont elle nous les confie. Le ton qu'elle emploie est assez détaché, et je suppose que ce choix est justifié par une volonté d'objectivité, mais ça ne fonctionne pas toujours, et j'ai parfois eu l'impression qu'elle portait des jugements sur ses comparses et leurs choix de vie. Rien qui soit vraiment tranché, ça ressort simplement dans la façon qu'elle a d'évoquer certains membres du club qui donnait à penser qu'elle désapprouvait en quelque sorte. Au début, ça me dérangeait, car je trouvais que ça ruinait un peu l'ambiance du livre et nous amenait nous aussi à porter un jugement sur les personnes qu'on apprenait à connaître, sans nous laisser le choix de notre propre opinion. Mais je suis parvenue à dépasser ça et ai considéré ce ton narratif comme une volonté d'humaniser le narrateur, en nous donnant, à travers ses mots et pensées, une meilleure idée de qui elle est. 

Dans l'ensemble, j'ai trouvé cette lecture très agréable, malgré quelques ressorts trop artificiels et des choix un peu trop stéréotypés. Ce fut malgré ça bien plus plaisant à lire qu'un énième roman de chick-lit mettant en scène une trentenaire maladroite et malheureuse au travail, en quête du parfait fiancé et pour qui se termine toujours bien, ce qui n'est pas le cas ici où tout est laissé en suspens.

Une dernière chose, pour terminer, un point que j'ai beaucoup aimé dans la structure du roman: chaque chapitre commence avec la recette du biscuit préparé par la personne dont il sera question, et se termine ensuite par quelques pages d'informations sur un ingrédient en particulier (à quoi il sert dans la fabrication, son origine, ses bienfaits, le tout souvent rattaché à une anecdote). C'est simple comme idée, mais très bien pensé! 

En bref, un bon roman du genre.

Ann Pearlman, The (Christmas) cookie club, Simon & Schuster, 2009, 274 pages.